Chaude ambiance au premier jour du procès des « biens mal acquis »

Afrique Connection | 20 / 06 / 2017 à 01:12

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Teodorin Obiang Nguema, fils du président de la Guinée- Equatoriale et Vice-Président du pays

Lundi 19 juin, s'est ouvert au Palais de justice de Paris le procès de Teodorin Obiang, le fils du Président de la Guinée- Équatoriale, également vice-président de son pays. Il est poursuivi en justice par deux associations (Sherpa et Transparency International) pour « blanchiment d’abus de biens sociaux », « détournement de fonds publics » « abus de confiance » et « corruption »

 

C'était le premier jour, et déjà c'était très chaud. Au sens figuré comme au propre. En effet, dans une salle pleine à craquer et très chaude, où des gens se ventilaient avec des éventails de fortune, les avocats des deux parties ont contribué à élever davantage. Dans leur plaidoirie, la défense et la partie civile se sont livrées à des échanges très chauds...qui ont eu le don de réveiller les quelques personnes qui somnolaient dans la salle. 

L'audience a commencé aux alentours de 13h40 passées. Dans la salle, des partisans du régime de Malabo, mais aussi des opposants exilés en Europe et regroupés de la CORED (Coalition d'opposition pour la Restauration d'un Etat Démocratique en Guinée Equatoriale)

« M. Obiang n'est pas présent dans la salle », constate d'emblée la Juge. « Vous êtes bien renseignée Madame La Juge », répond du tic au tac Me Marsigny, un des conseils du vice-président de la Guinée- Équatoriale, comme pour donner le ton.

A (re)lire également: Procès « bien mal acquis » : « Le Vice-Président Teodorin Obiang Nguema est déjà condamné avant même son jugement » (Ambassadeur Guinée- équatoriale à Paris)

Par la suite, ce dernier et ses confrères de la défense vont s'écharper par intermittence avec la partie civile, au point que parfois la Juge a du mal à faire valoir son autorité.

Me Marsigny s'est insurgé de la CORED comme partie civile, jugeant cette constitution « illégale » et qui va « polluer les débats », dénonçant ainsi un « procès politique ».

Jean-Pierre Spitzer, l'avocat de la CORED, lui, n'est pas du même avis évidement. « Cela va plutôt aider à éclairer les débats », lancera t-il.

Le statut de vice-président, brandi par Me Marsigny pour justifier l'immunité de son client, sera également à l'origine d'une nouvelle passe d'armes entre les deux parties.

« C'est un faux vice- président », bondit Me Jean-Pierre Spitze, qui estime que cette nomination intervenu l'année dernière visait uniquement à contourner les les poursuites judiciaires en cours en France. « C'est une immunité de carnaval, c'est une immunité de bazar », appuie Me William Bourdon, le conseil de Transparency International.

Un Me Bourbon qui sera pris en grippe par Me Sergio Tomo, un autre avocat d'Obiang, venu express de la Guinée- Équatoriale.

« Me Bourbon attend la confiscation de l'immeuble (42 avenue Foch) pour toucher ses honoraires », pique t-il. Plus tôt, il l'a comparé à un crabe qui a du mal à danser parce qu'ayant « trop de pattes ».

A noter que la défense avait demandé un nouveau report du procès, demande qui n'a pas été acceptée par le tribunal.

Les deux parties se retrouvent à nouveau mercredi, pour un nouveau face à face probablement tendu.

Thierno DIALLO

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