Maintenant que l'épidémie frappe à ses portes, l'Union européenne s'attaque enfin à Ebola

Afrique Connection | 20 / 10 / 2014 à 06:39

Lors d’une réunion tenue à Luxembourg, ce lundi, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de revoir à la hausse leur contribution dans la lutte contre Ebola.

L’heure est grave, et c’est notre survie même qui est en jeu. C’est sans doute ce type de sentiment qui a fait tilt dans la tête des Européens, aux pins de les amener à –enfin- prendre conscience de la gravité de la situation en Afrique de l’Ouest, en proie à l’épidémie Ebola depuis fin 2013. En tout cas, l’Union européenne, à l’instar des Etats- , s’est enfin décidée à prendre le taureau par les cornes, en mettant les moyens qu’il faut pour espérer parvenir à bout de cette fâcheuse maladie qui a fait plus de 4500 morts en 10 mois.

Réunis ce lundi à Luxembourg pour réfléchir sur une stratégie adéquate pour maîtriser la crise sanitaire, les ministres européens des Affaires étrangères sont convenus de  faire « un effort uni, concerté et accru est nécessaire pour endiguer l'épidémie et fournir l'aide nécessaire et appropriée aux pays touchés ».

C’est ainsi qu’il a été décidé l’octroi d’une enveloppe d’au moins 500 millions d’euros pour venir en aide aux pays touchés, à savoir la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone.

Pour combattre les réticences de certains à envoyer sur place du personnel soignant, les ministres européens se sont engagés à « garantir des soins adéquats » pour les travailleurs humanitaires internationaux afin qu'ils soient soignés sur place ou puissent bénéficier d'une « évacuation médicale » dans des avions commerciaux spécialisés ou des avions, militaires ou civils, fournis par les Etats membres.

Aussi, l’UE va nommer d'ici la fin de la semaine un coordinateur européen de la lutte contre Ebola.

Une décision qui tombe trois jours après la charge de Kofi Annan

En fin de semaine dernière, l’ancien Secrétaire général de l’ONU, le Ghanéen Kofi Annan, avait fustigé sur la BBC la réaction tardive des pays riches pour combattre Ebola.

« Je suis déçu par la communauté internationale parce qu'elle n'avance pas plus rapidement », avait-il indiqué, avant d’accuser : « Je montre du doigt les pays qui ont les moyens (...) mais il y a plusieurs pays à blâmer (…) Si cette crise avait frappé une autre région, on aurait probablement géré cela très différemment (…) En fait si vous regardez l'évolution de la crise, la communauté internationale ne s'est vraiment réveillée que lorsque la maladie est arrivée en Amérique et en Europe »  

S’il n’est pas certain qu’il y ait une relation de cause à effet, en tout cette décision importante de l’UE est intervenue trois jours seulement après la remarque cinglante de Kofi Annan.

Yahiya TRAORE

 

 

 

 

 

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