QUE DEVIENT CET HOMME? (Afrique Connection)

Afrique Connection | 21 / 10 / 2015 à 04:21

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Une vieille photo d'Amadou Ciré Sall

Dans la rubrique "perdu de vue" dédiée aux compagnons de longue date de l'ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, Amadou Ciré Sall occupe une bonne place. Jadis indéboulonnable secrétaire général de la fédération du Parti Démocratique Sénégalais ( Pds ) en France, et troisième vice-président de l'Assemblée nationale sénégalaise, Sall a coupé les ponts avec la sphère politico-médiatique aussitôt après la défaite du président Abdoulaye Wade contre Macky Sall, il y a trois ans. Aujourd’hui, il tente de rebondir dans le monde associatif en lançant un vaste mouvement dédié à la diaspora sénégalaise.

Pour certains, ce visage leur est évidemment inconnu. Par contre,  pour d'autres, il rappelle deux souvenirs. D’abord, celui des périodes de vaches maigres du Parti démocratique sénégalais (Pds), quand il conduisait son leader dans les foyers de France à la rencontre de ses compatriotes. Ensuite, celui des années de gloire de ce parti d'obédience libérale fondé par Abdoulaye Wade au début des années 70. Pour d'autres encore, la communauté sénégalaise de France en l'occurrence, il incarne l'homme qui, durant ses dix années passées à l’hémicycle, arpentait les rues de France et de Navarre, aux côtés d'autres illustres compagnons, soit pour entretenir la braise dans sa base politique, soit pour recueillir les doléances de ses compatriotes immigrés en vue de les faire remonter à l'assemblée nationale sénégalaise. 

Ce visage a donc été perdu de vue depuis l’avènement, en 2012, de la seconde alternance de l’histoire politique du Sénégal. Cette année-là, le « banni » Macky Sall, battait son ex- « père », Abdoulaye Wade, qui  lui fit tour à tour Directeur de société, ministre, Premier ministre, Directeur de campagne (présidentielle 2007) et Président de l’Assemblée nationale, avant de lui « mettre les bâtons dans les roues » au point de le pousser à la démission de son parti et de tous ses mandats électifs.

Retour à la case galère

C’est le début de la gloire pour Macky Sall et sa bande. Et celui du retour à la galère pour Wade et ses derniers fidèles parmi lesquels Amadou Ciré Sall.

Originaire du Fouta, ce dernier qui, à la perte du pouvoir, était troisième vice-président à l’Assemblée nationale, retournera vivre en France auprès de sa famille. Dans le plus grand anonymat. Loin des strass et paillettes médiatico- politique.  Il a mis à profit ce recul pour, dit-il, réfléchir sur ce qu’il peut encore apporter à ses compatriotes. C’est ainsi qu’il a amorcé,  depuis un an, un retour au premier plan. Pas par la politique. Plutôt par le biais de son vieux dada : le monde associatif. L’ancien secrétaire général du Pds de France a en effet lancé, en septembre 2014, le Mouvement des Sénégalais de la diaspora. Le but : « faire de la diaspora un levier économique ».

Au service de la diaspora

Aujourd’hui, lui et ses amis travaillent sur la massification de ce mouvement. Parallèlement, ils s’activent sur les préparatifs de leur Assemblée générale et d’un grand Forum de la diaspora qui devrait se tenir avant la fin de l’année. Un Forum qui offrira l’occasion aux participants d’échanger sur toutes les problématiques auxquelles font face les expatriés sénégalais particulièrement. 

Pour cet homme qui a longtemps vécu en France, où il a toujours été actif dans le monde  associatif, c'est son entrée à l’hémicycle qui lui a permis de se faire un nom au niveau national. Il est élu pour la première fois en 2001, avec le titre officieux et pompeux de député des Sénégalais de l’extérieur. L’objectif : être le porte-voix des immigrés sénégalais avec leurs innombrables doléances. Amadou Ciré Sall rempilera en 2007 pour un mandat de cinq ans.

Des dernières années difficiles au Pds

Alors que lui et sa base espéraient un poste de ministre des Sénégalais de l’extérieur, c’est finalement de l’Assemblée nationale que viendra sa promotion. En milieu de second mandat, Amadou Ciré Sall deviendra en effet troisième vice-président de cette institution alors dirigée par Mamadou Seck. Une promotion voulue par le président Wade qui cherchait ainsi à couper le cordon ombilical qui lie le député à un autre Sall (Macky), aujourd’hui président du Sénégal.

A cette époque, Macky Sall, après de longs mois de guéguerre avec le clan de Karim Wade, avait déjà quitté le parti libéral pour créer le sien, l’Alliance de la république (APR), fin 2008.  Mais Amadou Ciré Sall qui l’avait soutenu contres vents et marées, notamment à travers de déclarations fracassantes dans la presse qui lui vaudront une convocation en conseil de discipline, continuait encore d’entretenir des relations privilégiées avec lui. Ce qui rendit difficiles ses dernières années au Pds.

Bientôt le rebond

De peur donc de le voir être fagocité par l'embryon du Pds,  l'Apr, Abdoulaye Wade lui offrit ce strapontin doré à l’Assemblée. Malgré tout, jusqu’aujourd’hui, Amadou Ciré Sall n’a jamais réussi à se départir de son étiquette de pro-Macky que lui avaient collée les proches de Karim, le fils de l’autre, aujourd’hui en prison pour une histoire d’enrichissement illicite.

En France, tous les observateurs de la vie politique sénégalaise se souviennent des pressions et railleries du clan de Karim Wade incarné  par la vice-consul Athia Aw. Malgré sa décision de continuer son chemin avec Abdoulaye Wade, ses adversaires dans la fédération de France l’enjoignaient à quitter le Pds et rejoindre ses « amis » Samba Koita, feu Djidéré Mballo, etc. avec qui il incarnait le clan de Macky Sall en France. En vain. Il « accompagnera » son mandat de député jusqu’à la chute du régime libérale. Si, par fidélité, il avait juré qu'il ne ferait plus de la politique après le départ de son mentor, Wade, du pouvoir, ceux qui connaissent l'homme sont convaincus qu'il ne fait que reculer pour mieux sauter. Que bientôt il replongera dans la mare.

Thierno DIALLO

QUE DEVIENT CET HOMME? (Afrique Connection)

Afrique Connection | 21 / 10 / 2015 à 16:21

Dans la rubrique "perdu de vue" dédiée aux compagnons de longue date de l'ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, Amadou Ciré Sall occupe une bonne place. Jadis indéboulonnable secrétaire général de la fédération du Parti Démocratique Sénégalais ( Pds ) en France, et troisième vice-président de l'Assemblée nationale sénégalaise, Sall a coupé les ponts avec la sphère politico-médiatique aussitôt après la défaite du président Abdoulaye Wade contre Macky Sall, il y a trois ans. Aujourd’hui, il tente de rebondir dans le monde associatif en lançant un vaste mouvement dédié à la diaspora sénégalaise.

Pour certains, ce visage leur est évidemment inconnu. Par contre,  pour d'autres, il rappelle deux souvenirs. D’abord, celui des périodes de vaches maigres du Parti démocratique sénégalais (Pds), quand il conduisait son leader dans les foyers de France à la rencontre de ses compatriotes. Ensuite, celui des années de gloire de ce parti d'obédience libérale fondé par Abdoulaye Wade au début des années 70. Pour d'autres encore, la communauté sénégalaise de France en l'occurrence, il incarne l'homme qui, durant ses dix années passées à l’hémicycle, arpentait les rues de France et de Navarre, aux côtés d'autres illustres compagnons, soit pour entretenir la braise dans sa base politique, soit pour recueillir les doléances de ses compatriotes immigrés en vue de les faire remonter à l'assemblée nationale sénégalaise. 

Ce visage a donc été perdu de vue depuis l’avènement, en 2012, de la seconde alternance de l’histoire politique du Sénégal. Cette année-là, le « banni » Macky Sall, battait son ex- « père », Abdoulaye Wade, qui  lui fit tour à tour Directeur de société, ministre, Premier ministre, Directeur de campagne (présidentielle 2007) et Président de l’Assemblée nationale, avant de lui « mettre les bâtons dans les roues » au point de le pousser à la démission de son parti et de tous ses mandats électifs.

Retour à la case galère

C’est le début de la gloire pour Macky Sall et sa bande. Et celui du retour à la galère pour Wade et ses derniers fidèles parmi lesquels Amadou Ciré Sall.

Originaire du Fouta, ce dernier qui, à la perte du pouvoir, était troisième vice-président à l’Assemblée nationale, retournera vivre en France auprès de sa famille. Dans le plus grand anonymat. Loin des strass et paillettes médiatico- politique.  Il a mis à profit ce recul pour, dit-il, réfléchir sur ce qu’il peut encore apporter à ses compatriotes. C’est ainsi qu’il a amorcé,  depuis un an, un retour au premier plan. Pas par la politique. Plutôt par le biais de son vieux dada : le monde associatif. L’ancien secrétaire général du Pds de France a en effet lancé, en septembre 2014, le Mouvement des Sénégalais de la diaspora. Le but : « faire de la diaspora un levier économique ».

Au service de la diaspora

Aujourd’hui, lui et ses amis travaillent sur la massification de ce mouvement. Parallèlement, ils s’activent sur les préparatifs de leur Assemblée générale et d’un grand Forum de la diaspora qui devrait se tenir avant la fin de l’année. Un Forum qui offrira l’occasion aux participants d’échanger sur toutes les problématiques auxquelles font face les expatriés sénégalais particulièrement. 

Pour cet homme qui a longtemps vécu en France, où il a toujours été actif dans le monde  associatif, c'est son entrée à l’hémicycle qui lui a permis de se faire un nom au niveau national. Il est élu pour la première fois en 2001, avec le titre officieux et pompeux de député des Sénégalais de l’extérieur. L’objectif : être le porte-voix des immigrés sénégalais avec leurs innombrables doléances. Amadou Ciré Sall rempilera en 2007 pour un mandat de cinq ans.

Des dernières années difficiles au Pds

Alors que lui et sa base espéraient un poste de ministre des Sénégalais de l’extérieur, c’est finalement de l’Assemblée nationale que viendra sa promotion. En milieu de second mandat, Amadou Ciré Sall deviendra en effet troisième vice-président de cette institution alors dirigée par Mamadou Seck. Une promotion voulue par le président Wade qui cherchait ainsi à couper le cordon ombilical qui lie le député à un autre Sall (Macky), aujourd’hui président du Sénégal.

A cette époque, Macky Sall, après de longs mois de guéguerre avec le clan de Karim Wade, avait déjà quitté le parti libéral pour créer le sien, l’Alliance de la république (APR), fin 2008.  Mais Amadou Ciré Sall qui l’avait soutenu contres vents et marées, notamment à travers de déclarations fracassantes dans la presse qui lui vaudront une convocation en conseil de discipline, continuait encore d’entretenir des relations privilégiées avec lui. Ce qui rendit difficiles ses dernières années au Pds.

Bientôt le rebond

De peur donc de le voir être fagocité par l'embryon du Pds,  l'Apr, Abdoulaye Wade lui offrit ce strapontin doré à l’Assemblée. Malgré tout, jusqu’aujourd’hui, Amadou Ciré Sall n’a jamais réussi à se départir de son étiquette de pro-Macky que lui avaient collée les proches de Karim, le fils de l’autre, aujourd’hui en prison pour une histoire d’enrichissement illicite.

En France, tous les observateurs de la vie politique sénégalaise se souviennent des pressions et railleries du clan de Karim Wade incarné  par la vice-consul Athia Aw. Malgré sa décision de continuer son chemin avec Abdoulaye Wade, ses adversaires dans la fédération de France l’enjoignaient à quitter le Pds et rejoindre ses « amis » Samba Koita, feu Djidéré Mballo, etc. avec qui il incarnait le clan de Macky Sall en France. En vain. Il « accompagnera » son mandat de député jusqu’à la chute du régime libérale. Si, par fidélité, il avait juré qu'il ne ferait plus de la politique après le départ de son mentor, Wade, du pouvoir, ceux qui connaissent l'homme sont convaincus qu'il ne fait que reculer pour mieux sauter. Que bientôt il replongera dans la mare.

Thierno DIALLO

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