l'ex-star de foot favori du second tour de la présidentielle du Liberia, aujourd'hui

GEORGE WEAH : CONJURER LE SYNDROME CELLOU DALEIN DIALLO ET TRANSFORMER LA BALLE DE MATCH

Afrique Connection | 26 / 12 / 2017 à 09:24

La finale tant attendue de la présidentielle libérienne se joue ce mardi 26 décembre. L'ancienne star de foot, George WEAH, part favori face au Vice-Président sortant Joseph Boakai.

 

George Weah aime les échappées solitaires. Il est à ce jour le seul footballeur africain à avoir remporté le prestigieux et très couru Ballon d'or France Football. C'était en 1995. Vingt-deux ans après, il est en passe de devenir le premier footballeur au monde à être élu président de la République dans son pays. Il lui faudra cependant transformer la balle de match, ce mardi 26 décembre 2017. En face de lui, le vice-président sortant, Joseph Boakai arrivé 2e au premier tour avec 28,8 %. Entre les deux, vingt-et-un millions d’électeurs appelés à les départager.

Cette seconde mi-temps de la présidentielle du Liberia devait se tenir le 7 novembre dernier. Elle a dû être reportée le temps de permettre à la cour suprême de traiter le recours du candidat arrivé troisième le 10 octobre, Charles Brumskine (9,6 %) appuyé par l'adversaire du jour de Weah, Joseph Boakai.

Face à cet imbroglio politique qui a, un temps, fait craindre le retour des démons du passé, Weah a dû prendre son mal en patience.

Après ses échecs en 2005 et 2014 face à Ellen Johnson Sirleaf, George Weah n'a jamais été si proche de marquer son but le plus décisif. Plus que lors de ses deux précédentes compétitions, où il a eu la malchance de tomber sur une adversaire coriace, Weah aborde cette fois la seconde mi-temps en position de force.

Mais, ce syndrome CDD, George Weah ne semble pas l'imaginer du tout

Au premier tour il est arrivé largement en tête (38,4 % des suffrages), avec 10 points d'écart sur le candidat classé 2e. Il avait remporté 11 provinces sur 15 que compte le Liberia. De plus, il bénéficie aujourd’hui du ralliement du sénateur et ancien chef de milice Prince Johnson (8,2%) et du parti de Charles Brumskine (3e au premier tourr, celui-là même qui avait contesté les résultats en dénonçant des « fraudes » et « irrégularités ».

C'est dire donc qu'aujourd'hui, mathématiquement, tous les signaux sont au vert pour une victoire promise à George Weah.

"J'ai le peuple avec moi, un grand parti et une coalition puissante. Je me suis préparé pour diriger ce pays et la victoire sera nôtre", a t-il d'ailleurs concédé, cité par AFP. Samedi, le candidat favori a un peu plus conforté son statut et marqué davantage les esprits, à l'occasion d'un meeting grandiose au stade de Morovia, le théâtre de ses exploits footballistique sous le maillot du Liberia. Ce jour-là, ils étaient des dizaines de milliers de partisans et alliés à avoir assisté au meeting qui, dit-on, a a anéanti les derniers espoirs de son adversaire.

Aujourd'hui donc, c'est balle de match pour George Weah. C'est à lui de la transformer, s'il veut éviter le syndrome Cellou Dalein DIALLO. Lors de la présidentielle en Guinée voisine, en 2010, ce dernier avait remporté le premier tour avec 43% des suffrages, et 25 points d'écarts sur le candidat classé deuxième, Alpha Condé. Et pourtant, à l'arrivée, soit...quatre mois après, c'est l'opposant historique, Condé, qui sera élu au second tour, malgré les dénonciations de fraudes et de manipulation du fichier de la part du camp adverse. 

Mais, ce syndrome CDD, George Weah ne semble pas l'imaginer du tout. « Vous savez que j'ai participé à des compétitions, dont certaines difficiles, et que j'en suis sorti victorieux", a t-il déclaré. Rendez-vous à la fin du match !

Jean OLOHOU, Afrique Connection

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