Guinée: à la découverte du sculpteur Sékou Oumar Sidimé

Afrique Connection | 27 / 12 / 2016 à 09:08

Sékou Oumar Sidimé, 59 ans est sculpteur à Conakry. À Matoto, une grande commune de la capitale guinéenne, le père de 6 enfants sculpte plusieurs objets en ciments. Éléphant, lion, cheval, girafe, pintade et autres, attirent le regard des passants le long de l'auto-route Fidel Castro. Sous un climat torride, Sidimé ramollit un grand éléphant dans un parc à monuments.

 

Artiste dans le sang, Sékou Sidimé est né dans  une famille de sculpteurs il y a plus d'un demi siècle à Kankan (Est de Conakry). "Dans ma famille, tout le monde faisait la sculpture en bois et en ivoire. J'ai eu la chance de voyager, et Dieu m'a donné l'idée de dire, pourquoi ne pas faire en ciments?", s'est-il posé. Car, pour M. Sidimé, à chaque fois il faut créer, innover pour pouvoir développer son talent. Une nuit, couché, le chef du parc se demande comment faire le dessin, souder le fer et mettre du ciment, se souvient-il. Mais, avant de passer au ciments, Sidimé débute par faire le grillage qui lui a été "très difficile". Parce que, pour réaliser un monument en ciments, il faut avoir du ciments fort afin que ça résiste longtemps. "La durée de vie de ces pièces en ciments est inestimable, parce que le ciments utilisé est plus fort que celui mélangé dans la construction d'un bâtiment. J'utilise 4 tonnes de ciments pour la conception d'une pièce d'éléphant. Et il faut mettre de l'eau tout le temps", conseille Sékou Sidimé.

Cet adulte, accompagné par ses enfants et d'autres apprenants, a sillonné plusieurs pays du continent africain. Pétris de talent d'artiste, il a fait une aventure de 10 ans au Liberia où il s'est marié, puis il prend la direction du Cameroun pour 16 ans, avant de se retourner en Guinée. Dans son pays, il ne restera pas longtemps avant de songer pour le pays d'Edouardo Santos. En Angola où il est resté pendant 18 ans, Sékou Sidimé dit avoir eu tout le respect. "Là-bas, les gens connaissent la valeur d'un artiste. Ils me respectaient et j'ai réalisé plusieurs monuments au niveau des carrefours", a-t-il raconté.

Coûts, difficultés

Depuis son retour définitif à Conakry où il a construis, l'artiste rencontre pas mal de difficultés dans son travail. "Ici, je n'ai pas pu travailler comme je veux. En Guinée, les gens ne sont pas habitués à l'art. Contrairement au Mali, en Côte d'ivoire, au Sénégal et Afrique centrale où ça marche très bien. Mais ici, les gens ne connaissent pas. On aime apprécier, mais on n'achète pas", a-t-il déploré.

Et Sidime explique qu'en concevant un éléphant en ciments, "ça lui coûte les yeux de la tête, donc extrêmement cher. Le fer, le ciments, le sable, c'est coûteux".

Par exemple, le premier éléphant qu'il a fait lui a coûté 30 millions GNF en dépenses. Et la durée du travail peut s'étendre entre 2 à 3 mois, selon le climat.

En un an et demi, Sidimé a conçu sept pièces déjà achetées par des particuliers. Mais son souhait est de voir le gouvernement faire de commandes. "J'attends que mon gouvernement me fasse de commandes afin de travailler pour mon pays. Je suis revenu pour l'amour de ma patrie. Au Mali, au Burkina Faso et dans plusieurs pays, vous constaterez des monuments au niveau des carrefours, c'est très jolie. Je souhaite la même chose pour la Guinée pour rendre la ville attrayante", préconise-t-il.

Le concepteur vend ses œuvres à des prix "dérisoires", selon la dimension. "On donne les prix en fonction des clients. Mais nous avons des pièces de 30 millions, de 10 millions, de 5 millions et de 2 millions. Le gros éléphant est vendu à plus de 100 millions. En Angola, je faisais des éléphants qui étaient vendus à 50 mille dollars".

Pour que ça puisse marcher, "il faut que le gouvernement fasse une commande, parce que l'État a les moyens" , conclu Sékou Oumar Sidimé.

Aliou BM Diallo

Guinée: à la découverte du sculpteur Sékou Oumar Sidimé

Afrique Connection | 27 / 12 / 2016 à 09:08

Sékou Oumar Sidimé, 59 ans est sculpteur à Conakry. À Matoto, une grande commune de la capitale guinéenne, le père de 6 enfants sculpte plusieurs objets en ciments. Éléphant, lion, cheval, girafe, pintade et autres, attirent le regard des passants le long de l'auto-route Fidel Castro. Sous un climat torride, Sidimé ramollit un grand éléphant dans un parc à monuments.

 

Artiste dans le sang, Sékou Sidimé est né dans  une famille de sculpteurs il y a plus d'un demi siècle à Kankan (Est de Conakry). "Dans ma famille, tout le monde faisait la sculpture en bois et en ivoire. J'ai eu la chance de voyager, et Dieu m'a donné l'idée de dire, pourquoi ne pas faire en ciments?", s'est-il posé. Car, pour M. Sidimé, à chaque fois il faut créer, innover pour pouvoir développer son talent. Une nuit, couché, le chef du parc se demande comment faire le dessin, souder le fer et mettre du ciment, se souvient-il. Mais, avant de passer au ciments, Sidimé débute par faire le grillage qui lui a été "très difficile". Parce que, pour réaliser un monument en ciments, il faut avoir du ciments fort afin que ça résiste longtemps. "La durée de vie de ces pièces en ciments est inestimable, parce que le ciments utilisé est plus fort que celui mélangé dans la construction d'un bâtiment. J'utilise 4 tonnes de ciments pour la conception d'une pièce d'éléphant. Et il faut mettre de l'eau tout le temps", conseille Sékou Sidimé.

Cet adulte, accompagné par ses enfants et d'autres apprenants, a sillonné plusieurs pays du continent africain. Pétris de talent d'artiste, il a fait une aventure de 10 ans au Liberia où il s'est marié, puis il prend la direction du Cameroun pour 16 ans, avant de se retourner en Guinée. Dans son pays, il ne restera pas longtemps avant de songer pour le pays d'Edouardo Santos. En Angola où il est resté pendant 18 ans, Sékou Sidimé dit avoir eu tout le respect. "Là-bas, les gens connaissent la valeur d'un artiste. Ils me respectaient et j'ai réalisé plusieurs monuments au niveau des carrefours", a-t-il raconté.

Coûts, difficultés

Depuis son retour définitif à Conakry où il a construis, l'artiste rencontre pas mal de difficultés dans son travail. "Ici, je n'ai pas pu travailler comme je veux. En Guinée, les gens ne sont pas habitués à l'art. Contrairement au Mali, en Côte d'ivoire, au Sénégal et Afrique centrale où ça marche très bien. Mais ici, les gens ne connaissent pas. On aime apprécier, mais on n'achète pas", a-t-il déploré.

Et Sidime explique qu'en concevant un éléphant en ciments, "ça lui coûte les yeux de la tête, donc extrêmement cher. Le fer, le ciments, le sable, c'est coûteux".

Par exemple, le premier éléphant qu'il a fait lui a coûté 30 millions GNF en dépenses. Et la durée du travail peut s'étendre entre 2 à 3 mois, selon le climat.

En un an et demi, Sidimé a conçu sept pièces déjà achetées par des particuliers. Mais son souhait est de voir le gouvernement faire de commandes. "J'attends que mon gouvernement me fasse de commandes afin de travailler pour mon pays. Je suis revenu pour l'amour de ma patrie. Au Mali, au Burkina Faso et dans plusieurs pays, vous constaterez des monuments au niveau des carrefours, c'est très jolie. Je souhaite la même chose pour la Guinée pour rendre la ville attrayante", préconise-t-il.

Le concepteur vend ses œuvres à des prix "dérisoires", selon la dimension. "On donne les prix en fonction des clients. Mais nous avons des pièces de 30 millions, de 10 millions, de 5 millions et de 2 millions. Le gros éléphant est vendu à plus de 100 millions. En Angola, je faisais des éléphants qui étaient vendus à 50 mille dollars".

Pour que ça puisse marcher, "il faut que le gouvernement fasse une commande, parce que l'État a les moyens" , conclu Sékou Oumar Sidimé.

Aliou BM Diallo

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