Elections au Zimbabwe

Robert Mugabe appelle à voter contre son ancien parti

Afrique Connection | 30 / 07 / 2018 à 05:30

mug.jpg

L'ancien président du Zimbabwe Robert Mugabe et son épouse Grace, à Harare le 29 juillet 2018.

Les Zimbabwéens doivent élire lundi leurs président, députés, conseillers municipaux à l'occasion des premiers scrutins depuis la chute de Robert Mugabe..

A 94 ans, Robert Mugabe entend toujours peser dans la vie politique. L’ex-président zimbabwéen s’est invité dans la campagne électorale dimanche, à la veille de scrutins historiques, pour appeler les électeurs à faire tomber son ancien parti, qui l’a poussé vers la sortie en novembre après trente-sept ans de règne.

Les Zimbabwéens doivent élire lundi leurs président, députés, conseillers municipaux à l’occasion des premiers scrutins depuis la chute de Robert Mugabe. L’ancien homme fort du pays est sorti du silence qu’il respectait depuis le début de la campagne électorale, en tenant sa première conférence de presse en direct depuis sa démission forcée.

« Je ne peux pas voter pour ceux qui m’ont mal traité »

« J’espère que le vote de demain va faire tomber la forme militaire de gouvernement » actuel, a lancé Robert Mugabe dans cette intervention surprise depuis sa luxueuse résidence de Blue Roof à Harare, où il passe une retraite dorée. « Je ne peux pas voter pour ceux qui m’ont mal traité », a-t-il poursuivi avant de sous-entendre qu’il donnerait sa voix au candidat du principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa, dont il a toujours combattu la formation.

« Je ne peux pas voter pour la Zanu-PF », le parti au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, a expliqué l’ex-chef de l’Etat et ancien président de la Zanu-PF. « Qui reste-t-il ? Chamisa », a-t-il lancé, provoquant quelques rires parmi les journalistes.

Il avait dû renoncer au pouvoir sous la pression de l’armée et de la Zanu-PF

Le plus vieux dirigeant en exercice de la planète avait dû renoncer au pouvoir en novembre, sous la pression de l’armée et de la Zanu-PF. L’armée était intervenue pour empêcher, le moment venu, l’ambitieuse Première dame Grace Mugabe de remplacer son mari nonagénaire. Il a finalement été remplacé par Emmerson Mnangagwa, qu’il avait démis deux semaines plus tôt de ses fonctions de vice-président.

Ce fut « un véritable coup d’Etat », a lancé dimanche Robert Mugabe, jugeant par ailleurs « totalement ridicule » l’idée qu’il ait voulu faire de son épouse Grace, âgée de 53 ans, son successeur. Assis dans un fauteuil de cuir vert, l’ancien président, en lunettes de soleil et costume cravate impeccable, est apparu en forme pendant les deux heures de son intervention qu’il a terminée en posant aux côtés de son épouse.

 

« L’occasion pour le Zimbabwe de rêver de nouveau »

Lors d’une intervention à la radio d’Etat, le président Mnangagwa a indirectement répondu à son prédécesseur en affirmant qu'« après des années d’immobilisme, les événements de novembre 2017 avaient donné au Zimbabwe l’occasion de rêver de nouveau ». Il s’est félicité du climat « de paix » pendant la campagne électorale, contrairement aux précédentes élections sous l’ère Mugabe, entachées de nombreuses violences.

« Demain vous déciderez de l’avenir du Zimbabwe », a-t-il lancé aux électeurs, les exhortant « d’utiliser avec discernement » leur pouvoir pour cette élection, « la plus contestée de toute notre histoire ». Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF, est donné favori du scrutin, devant Nelson Chamisa, propulsé récemment à la tête du MDC, à la suite du décès de son leader historique Morgan Tsvangirai, le rival de longue date de Robert Mugabe.

Mais l’écart entre les deux principaux candidats à la présidentielle s’est récemment réduit. Le président sortant est crédité de 40 % des suffrages, contre 37 % pour son principal adversaire, selon un sondage publié il y a dix jours par le groupe Afrobarometer. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue lundi, un deuxième tour sera organisé le 8 septembre. Avec afp

Top 10 + Populaires

Afrique Connection TV