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Quand Louis Gaston Mayila met les points sur les "I", à l'attention de Jeune Afrique

Afrique Connection | 23 / 01 / 2015 à 01:47

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Louis Gaston Mayila

Afrique Connection a reçu une copie d'une lettre que l'avocat gabonais et opposant politique, Louis Gaston Mayila, a adressé le 20 octobre dernier au magazine Jeune Afrique, coupable de désinformation. Dans une chronologie jour par jour et heure par heure, il y revient de long en large sur les coulisses de cette affaire de fausse monnaie dans laquelle il serait impliqué (avant d'être définitivement mis hors de cause par la justice gabonaise le 19 janvier). L'objectif étant de mettre fin aux spéculations et autres intoxications, donc de rétablir la vérité. Nous vous proposons cette lettre dans son intégralité.

 

 

MAÎTRE LOUIS GASTON MAYI LA

Avocat à la Cour

Grand Croix dans !'Ordre National du Mérite GabonaisGrand Officier dans !'Ordre National de ! Etoile EquatorialePrésident de l'Union pour la Nouvelle République

 

 

Libreville, le 20 octobre 2014


Au Journal Jeune Afrique

 

Ceci n'est pas un droit de réponse à votre article parut en page l6  de votre livraison n°2803 du 28 septembre 2014 qui me met en baisse dans votre baromètre.

 

Je crois que le devoir d'informer s'accompagne de l'obligation pour le journaliste de recouper l'information : «j'ai été informé, j'ai recoupé, j'ai cherché, voici ce que j'ai trouvé ».

 

Je n'ai jamais été arrêté à l'aéroport de Libreville. Dans cette affaire, je suis passé du statut de plaignant à celui d'accusé pour voir délivrer contre moi la lettre de cachet qui me jette en prison.

J'ai constitué un avocat du barreau de Paris aux côtés des confrères gabonais.

 

Maître Emmanuel MARSIGNY peut en témoigner. L'accès au dossier lui a été refusé ! On ne peut expliquer cette attitude du Ministère Public, que par la volonté de cacher le contenu du dossier dont la vacuité gène tout le monde.

Comme disait Jean Pierre Vernant : « que l'on est homme seulement si l'on est libre de la soumission à une autorité souveraine ». Peut-être que je suis en train de payer cette liberté.

 

Je viens vers vous pour évoquer la dette de l'hospitalité dont parlait le même Vernant. « Notre dette des uns aux autres, infiniment dans une chaine sans fin ni frontière dans l'espace comme dans le temps. Cette dette dont la conscience nous fera accueillir l'étrange et l'étranger, l'inconnu comme l'imprévu lorsqu'ils frapperont inopinément à nos portes ».

 

Je viens frapper à votre porte au nom de cette dette. Voici les faits dans leur chronologie :

 

Mardi 16 septembre à 14h30 je quitte mon bureau pour le rendez-vous piégé.

l5h 15-30 irruption de faux policiers et du faux procureur- échauffourées entre eux et moi. Tentatives de photos, menottés.

 

Je suis attiré dans une chambre où va s'engager une longue discussion pour que je verse 30 millions de francs.

N'ayant rien à donner ni à proposer, les discussions s’allongent.

De guerre lasse, je finis par proposer 3 millions craignant pour ma vie, car l'ultimatum c'était l'argent ou la vie. L'argent ou la MORT.

« Si vous essayez de mettre lenez là dehors,vous êtes un homme mort »aimait à répéter EDZO EDZO  qui prétendait s'appeler NDONG, qui devant mon impossibilité à lui donner de l'argent décide de récupérer ma voiture, et ordonne à TSOUMOU de monter avec moi et pendant tout le trajet va me tenir en respect avec une arme. Arrivé chez moi, il prend ma voitureet s'en va !

 

Je demande à mon chauffeur d'aller voir à tous les postes de gendarmeries si la voiture était garée à l'un de ces postes.

Le chauffeur revient m'apprendre que la voiture n'est garée nulle part.

 

Je demande au jeune BENGONE qui se trouvait chez moi et a vu dans quel état j'étais, d'aller déclarer à la PJ que ma voiture vient d'être prise et lui donner toutes les explications {numéro d'immatriculation, n° de châssis), BENGONE va me dire que les policiers ont demandé de repasser demain. FIN de laj ournée de mardi

 

Mercredi matin 17 septembre

Je me présente à la PJ, je déclare les faits, je porte plainte contre X, je repars chez moi et l'après-midi je vais à Port-Gentil.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la PJ va m'appeler pour me dire que la voiture a été retrouvée, que la bande de voyous qui m'a agressé était arrêtée. Il faut que je revienne pour récupérer mon véhicule et signer le procès-verbal de restitution.

Fin de la jou rnée du  1 7 septembre.

 

Jeudi 18 septembre

Je rentre de Port-Gentil par un vol de la compagnie la nationale, en ayant indiqué aux agents de la PJ l'heure d'arrivée de mon vol. J'arrive à Libreville, je suis surpris d’être accueilli par deux agents de la PJ que je prends à bord de mon véhicule pour me rendre aux bureaux de la PJ.

 

On va me faire remarquer si je n'ai oublié un détail, dans ma plainte !

Je reconnais tout de suite que je n'ai pas voulu indiquer l'épisode des photos forcées avec des faux billets rentrés avec les faux gendarmes, mon refus de menottes, j'ai trouvé cela attentatoire à ma dignité.

L'autre détail, nous sommes rentrés avec la voiture chez moi, sous la menace d'une arme et que c'est là où nous avons été dépossédés de la voiture. Je signe à nouveau cette plainte rectifiée.

Pour la voiture on me dit de revenir demain vendredi, le PV de restitution n'était pas prêt. Je repars chez moi.

Finde la journée du jeud i 18septemb re.

 

Vendredi  19 septembre

Vendredi matin je me rends à la PJ dans le but de récupérer mon véhicule et signer le procès-verbal de restitution.

Je suis reçu dans le bureau du DAC et là, j'attends, j'attends, pas de PV. Mes collègues avocats alertés viennent me trouver, s'inquiètent de cette garde à vue qui ne dit pas son nom !

On va m'apprendre qu'on va aller faire une perquisition à mes bureaux ! Ah bons ?

De plaignant je deviens l'accusé et je ne comprends rien ! Est-ce pour n'avoir pas donné la bonne version sur deux points ?

Nous nous rendons à mon cabinet avec les confrères et l'enquêteur.

La perquisition se déroule avec minutie, je fais visiter toutes les pièces de mon bureau. Bien sûr on ne trouve rien, nous revenons aux bureaux de la PJ où le procès-verbal va être fait, lu et signé par l'enquêteur et mon conseil Maître BANTSANTSA.

Je rentre chez moi.

Fin de lajou rnée du vendred i 1 9 septembre.

 

Samedi 20 septemb re

Il ne se passe rien, je vaque à mes occupations, avec mes enfants je vais rendre visite à mon petit frère Dieudonné BOUDDHOU.

Je reviens chez moi, il ne se passe rien même pas un coup de téléphone de la PJ.

Fin de la jou rnée du samedi20 septemb re.

 

Dimanche 21 septembre

Je suis chez moi avec des parents et des amis, vers 1 1 heures un coup de téléphone du DAC ! Maître MAYILA ? Oui !

Le colonel veut vous voir ! Un dimanche ? Oui d'ailleurs je  vous  passe son téléphone .J'appelle  le Colonel qui me confirme qu'il veut  me voir. Un  dimanche   à   la  police,  c'est   donc   pour   m'arrêter !  Mon   frère BOUDDHOU   parle  un  peu  au  colonel  qui lui dira  que je  dois  me présenter à 15 heures !

15 heures à la PJ un dimanche, il n'y a plus l'ombre d'un doute, c'est pour m'arrêter.

Pourquoi ?

15 heures je vais à mon bureau prendre un livre et en remontant les deux marches qui mènent à la terrasse qui conduit vers mes appartements, je suis pris d'un malaise, un peu de vertige et une forte douleur à la poitrine. Le Député MASSALA TSAMBA Narcisse qui se trouvait chez moi appelle le docteur EKE, dont il sait qu'il est mon médecin   traitant.

Le docteur EKE recommande que je sois admis en milieu médical pour des soins rapides. Je suis admis à la clinique du Docteur Chambrier. Examens, Scanner, admis aux urgences.

Fin de la journée du dimanche 21 septembre.

Les journées  du lundi 22, mardi 23 et mercredi24 septembre

Je les passe à la clinique mais on fait prévenir la PJ que je pourrais sortir le jeudi 24 septembre. Je vous passe le ballet des agents de la PJ à la clinique, de jour comme de nuit et la contre-expertise médicale effectuée de nuit !

Journée du jeud i 24 septembre

Coup de théâtre, un procureur adjoint se présente à la clinique et doit m'amener manu militari à la PJ. Je demande à passer chez moi pour me changer, je suis en chemise de nuit (en boubou).

Pas question reprend le procureur, 11i/ doit aller  comme il  est" ! Mes enfants, mon avocat et mes parents protestent.

Le procureur menace de faire arrêter tout le monde si la moindre résistance lui était opposée.

Je dis aux miens de se calmer et de laisser et de le laisser faire...

Nous voici tous partis pour la PJ où je vais demander au procureur l'autorisation de me changer, ma fille ayant été me chercher  une tenue ...le procureur tolère que je  me change....

On va procéder à une confrontation ! Va ordonner le procureur !

Arrive un Monsieur qui se dit gendarme et qui se met à débiter un tissu de mensonges « il a été appelé par son frère, parce que MAYILA avait rendez-vous avec des faux monnayeurs, que j'étais en train d'éclairer avec une lampe électrique. Il jure que lui est gendarme donc il ne peut pas mentir ».

Je demande au procureur de lui demander quel jour c'était : (sans hésiter !) « Lundi 1Oh à Okala ! Je me souviens il avait la même tenue ! ». J'insiste pour qu'on lui demande bien le jour et l'heure ! Il reprend « je crois que c'est lundi à 11 heures ».

Je fais noter dans le procès-verbal que si ce type ment, sur le jour et l'heure, c'est que tout ce qu'il dit est faux, car je ne me suis jamais trouvé là-bas ! Ni lundi à 10 heures, ni mardi à 1 1 heures.

Il y a un problème, il ne peut pas se tromper sur le jour et l'heure ! Le procès-verbal est repris avec ces précisons.

 

Tout de suite tout  le monde part, direction le Palais de Justice ! La confrontation s'est passée en présence de mes avocats Maître NDIMINE MOUSODOU et Maître BANTSANTSA dont le procureur refusait la présence pourtant prévue dans les textes.

Toujours dans la journée du 24 septembre

J'arrive au Palais de Justice, je trouve beaucoup de personnes assises à même le sol. Je précise que j'arrive au Palais de Justice à bord de ma voiture que la police a retrouvée, conduite par un agent qu'on appelle Boris.

 

Je reconnais mon chauffeur et mon agent de sécurité. Le cœur serré, je demande qu'on leur enlève les menottes, ce qui fut fait pour tout le monde. Après 30 minutes d'attente, on m'invite au fond du couloir vers l'entrée du bureau du Procureur de la République. Je vais retrouver assis à côte EDZO EDZO, on me demande de m'installer plus loin avec

·ma fille.

Quelques minutes plus tard, je suis introduit avec EDZO EDZO au secrétariat du Procureur. J'ai déjà dit ce que j'ai remarqué....

On m'introduit dans le bureau du Procureur, on m'installe sur une chaise, et au bout de quelques questions auxquelles le Procureur n'attendait pas visiblement de réponse, me voici inculpé pour crime flagrant d'exposition de fausse monnaie et de non dénonciation de faits criminels !

 

Questions

1-      Quel jour, et à quelle heure j'ai été pris en crime flagrant ?

2-       Quel est ou quels sont les officiers de police judiciaire, qui m'ont pris en crime flagrant ? leurs noms, qualité et grades !

Qui sont-ils?

3-       A quelle autorité judiciaire, l'OPJ ou les OPJ ont rendu compte de cette flagrance ? où est où sont les corps du crime flagrant ?

J'ai entendu le Procureur parler de faux billets, de machine et de planche à billet, quelle est leur provenance et depuis quel jour sont-ils en sa possession ?

Madame le Procureur peut-elle présenter ces preuves de crime flagrant ?

NB (1) "ON A FROLE LE PIRE" titre la Griffe

Le journal la Griffe  dans sa livraison du vendredi 3 octobre écrit  ce qui suit en page 8 : « en début de soirée, coup de théâtre. La hiérarchie de la PJ reçoit de sa tutelle un ordre de libérationimmédiate du seul Mayila avec interdiction d’en informer le parquet. Exécution ! Sauf que l’affaire a fuité dans les réseaux sociaux.Elleprend rapidement un virage ethnique et on n’hésite pas à assimiler cette libération d’un bilop à une manifestation de la  haine  durégime envers les fang du Woleu Ntem puisque Edzo-Edzo,  estresté. »

« Une fois informé de la situation, Zeus a immédiatement ordonnéque la loi s’applique dans toute sa rigueur sans aucuneconsidération. Du coup, la PJ est allée chercher Mayila avant de déférer tout le monde au parquet. Une décision qui a ramené lecalme et la sérénité. »

 

Je précise que le Rédacteur en Chef du Journal la Griffe est le Conseiller du Président de la République. Alors tout un chacun comprendra d'où vient la volonté  d'arrêter  MAYILA  pour l'étrangler !!!!

 

NB (2)

Après le témoignage du faux gendarme, on va lui demander après avoir vu Mayila et la fausse monnaie, vous avez fait quoi ?

« Je suis reparti prendre les travailleurs de mon patron, je ne suis revenu que le lendemain, chercher 300.000 comme coca !»

« Qui vous a remis le coca ? Le Procureur ! »

NB(3)

Arrivée à la prison centrale quand je suis reçu par les agents de la sécurité pénitentiaires, EDZO EDZO les yeux rouges, viendra me présenter des .excuses. « Maître je m'excuse je vous demande pardon... »

Il me demande Pardon pourquoi ?

 

NB (4)

Le journal ''La Griffe' ' a titré « on a frôlé le pire >>

Moi je dis qu'on n'a pas frôlé le pire, le pire reste à venir !

Maître Louis Gaston MAYILA

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